n'ayezpas honte de faire mieux.Tu as une grande dévotion à NotreDame, me demandatil.Une grande,Et tu crois que, par son intercession, un homme, si coupable qu'ilsoit, peut être sauvé à l'heure de la mort . Eh bien , en échange de tes trois mille francs, dont je te tiens quitte, donnemoi quelque relique, quelquechapelet, quelque reliquaire que je puisse baiser à l'heure de ma mort. Je détachai la médaille et la chaîne d'or que ma mère m'avait passées au cou le jourde ma naissance, qui ne m'avaient jamais quitté depuis, et je les donnai au brigand. Le brigand posa ses lèvres sur la médaille et s'enfuit. Un an s'écoulasans que j'entendisse parler de l'Artifaille, sans doute il avait quitté Étampes pour aller exercer ailleurs. lacoste pas cher homme Sur ces entrefaites, je reçus une lettre demon confrère, le vicaire de Fleury. Ma bonne mère était bien malade et m'appelait près d'elle, J'obtins un congé et je partis. Six semaines ou deux mois debons soins et de prières rendirent la santé à ma mère, Nous nous quittâmes, moi joyeux, elle bien portante, et je revins à Étampes. X L'ARTIFAILLe, 101Page 105 Les mille et un fantomes J'arrivai un vendredi soir, toute la ville était en émoi. Le fameux voleur l'Artifaille s'était fait prendre du côtéd'Orléans, avait été jugé au présidial de cette ville, qui, après condamnation, l'avait envoyé à Étampes pour être pendu, le canton Étampes ayant étéprincipalement le théâtre de ses méfaits. L'exécution avait eu lieu le matin même, Voilà ce que j'appris dans la rue, mais, en entrant au presbytère,j'appris autre chose encore, c'est qu'une femme de la ville basse était venue depuis la veille au matin, c'estàdire depuis le moment où l'Artifaille étaitarrivé à Étampes pour y subir son supplice, était venue s'informer plus de dix fois si j'étais de retour. Cette insistance n'était pas étonnante, J'avaisécrit pour annoncer ma prochaine arrivée, et j'étais attendu d'un moment à l'autre, Je ne connaissais dans la ville basse que la pauvre femme qui allaitdevenir veuve, Je résolus d'aller chez elle avant d'avoir même secoué la poussière de mes pieds. soldes lacoste, Du presbytère à la ville basse, il n'y avait qu'un pas. Dixheures du soir sonnaient, il est vrai . mais je pensais que, puisque le désir de me voir était si ardent, la pauvre femme ne serait pas dérangée par mavisite, Je descendis donc au faubourg et me fis indiquer sa maison. Comme tout le monde la connaissait pour une sainte, nul ne lui faisait un crime du crimede son mari, nul ne lui faisait une honte de sa honte, J'arrivai à la porte, Le volet était ouvert, et, par le carreau de vitre, je pus voir la pauvrefemme, au pied du lit, agenouillée et priant. Au mouvement de ses épaules, on pouvait deviner qu'elle sanglotait en priant. Je frappai à la porte, Elle seleva, et vint vivement ouvrir. Ah , monsieur l'abbé , s'écriatelle, je vous devinais.